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Ce qui se cache derrière notre envie de grignoter sans arrêt…

Vous venez de finir de manger. À peine avez-vous regardé un épisode de votre série préférée que vous êtes à nouveau tenaillé par la faim… Nous avons tous connu ces périodes de fringale quasi incontrôlables, mais connaissez-vous la raison de ce besoin impérieux, l’origine de ces exigences physiologiques ?

Parmi les acteurs clef de cette énigme alimentaire on trouve les orexines A et B, ou hypocrétines : deux petites molécules produites par certaines cellules nerveuses (neurones) de l’hypothalamus. Cette importante région de notre cerveau est impliquée dans la régulation du système nerveux autonome et de nombreuses fonctions comme la reproduction, la thermorégulation ou encore la faim.

Bien que leurs rôles aient été initialement liés à la régulation de l’alimentation, notamment la stimulation de l’appétit, on sait maintenant qu’elles contribuent à bien d’autres effets concernant tout notre corps.

Elles influencent, par exemple, la régulation du sommeil, les fonctions cardiovasculaires et endocriniennes, la régulation des dépenses énergétiques et de la thermogenèse, les systèmes de récompense et l’humeur. Elles modulent également de nombreux comportements liés à notre santé mentale et physique, allant de l’excitation aux changements émotionnels en passant par notre sensibilité à la douleur. Elles sont encore actrices dans des maladies aussi diverses que la narcolepsie, l’obésité et la dépendance comme dans notre réponse au stress.

En outre, les niveaux d’orexines sont altérés dans des maladies mentales telles que la dépression et les troubles anxieux. Ils peuvent également expliquer les différences entre les sexes dans la réponse au stress et sont identifiés comme une cible thérapeutique possible pour leur traitement.

C’est cette incroyable polyvalence qui va contribuer à relier notre sensation de satiété au besoin irrépressible de remettre la main dans la boite à bonbon.

Gateaux et bonbons d’Halloween
Cette terrible envie d’y revenir. Blâmer les orexines. Entre autres. Daisy Anderson/Pexels, CC BY

Pourquoi les orexines nous donnent envie de manger plus

Pour mieux le comprendre, il faut revenir à leur rôle dans notre alimentation.

Le système qui régule la production d’orexines est capable de détecter les changements dans l’équilibre énergétique et d’augmenter leurs niveaux en réponse au jeûne notamment. Et ces molécules ne travaillent pas seules : elles interagissent avec d’autres protéines impliquées dans la régulation de l’appétit, comme la leptine et la ghréline.

La leptine est une hormone digestive libérée par le tissu adipeux qui régule nos réserves de graisse (qui sont une forme de stockage de l’énergie sur le long terme) mais aussi notre appétit en induisant la sensation de satiété. La ghréline, à l’inverse, est une hormone digestive sécrétée par l’estomac juste avant un repas attendu. Elle fonctionne à court terme et stimule la faim.

Comment ces deux molécules fonctionnent-elles avec nos protagonistes, à savoir les orexines ?

La régulation de l’énergie et de l’appétit par l’orexine se fait grâce aux informations provenant d’autres zones de l’hypothalamus, qui enregistrent, entre autres, les variations des taux de glucose, de leptine et de ghréline.

Les neurones qui produisent les orexines sont capables d’intégrer ces informations et de déclencher une réponse en fonction des besoins de l’organisme. Et, malheureusement pour nous, peuvent associer la prise alimentaire à une récompense – L’orexine A la relierait également à certains des facteurs environnementaux à l’origine du « craving » (ce besoin irrépressible observé dans les addictions, où son rôle a d’ailleurs aussi été identifié) et de la rechute…

Un rôle majeur tout au long de la vie

Mais l’impact des orexines est, on l’a évoqué, bien plus large. Il y a des périodes où l’envie de manger est parfois accentuée, par exemple pendant la pré-menstruation ou après la ménopause. Qu’est-ce qui se cache derrière ces exigences physiologiques ? Là encore, la relation des orexines a été étudiée.

Lors de la ménopause, des troubles du sommeil, une prise de poids ainsi qu’un état d’anxiété accru sont fréquemment décrits. Pour essayer de comprendre l’étendue de leurs capacités de régulation, nous avons étudié comment les niveaux de ces hormones sont modifiés dans le corps et si leurs variations peuvent être associés à certains des symptômes observés. Et effectivement, il y a une augmentation des niveaux d’orexine A parallèlement à la réduction des niveaux d’œstrogènes qui se produit alors.

Cependant, les études cliniques réalisées à ce jour ne sont pas encore concluantes et aucune association claire n’a été trouvée entre les niveaux d’orexine A et d’autres variables typiques de l’état post-ménopausique. Il s’agit notamment de l’impact du traitement hormonal substitutif sur ces niveaux, des modifications de la qualité du sommeil et de l’indice de masse corporelle.

Des liens avec les troubles alimentaires

L’anorexie mentale est particulièrement concernée. Ce trouble du comportement alimentaire est caractérisé par une insuffisance pondérale (poids anormalement bas, dû à un apport alimentaire insuffisant et déséquilibré), qui découle d’une perception altérée de l’image du corps et d’une peur intense de prendre du poids.

Cette malnutrition importante affecte l’ensemble de l’organisme et entraîne d’autres manifestations cliniques, allant de l’absence de règles à une altération des fonctions cérébrales. Des études récentes suggèrent que les niveaux d’orexine A et les performances cognitives étaient plus faibles chez les femmes souffrant d’anorexie mentale.

En outre, on a constaté que de faibles niveaux de cette hormone étaient également associés à une moindre flexibilité cognitive et à de moins bons résultats aux tests psychologiques évaluant la prise de décision dans des situations à risque.

Il reste nécessaire d’élargir et de confirmer ces résultats, qui ouvrent néanmoins une voie de recherche intéressante reliant neuropsychologie et dépense énergétique. De quoi peut-être comprendre plus largement les mécanismes par lesquels ils agissent et interagissent.

The Conversation

Maria Asunción Martinez Brocca no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

The Conversation. Rigor académico, oficio periodístico

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